"Si le passé ne sert pas le présent, il n'a pas d'avenir",  d'où l'utilité d'exploiter une expérience passée pour trouver une solution à une problématique présente.

Mon métier de restauratrice d'objets d'art dont je vous ai parlé dans l'article précédent ne serait qu'un souvenir, un sujet occasionnel de conversation s'il ne pouvait, aujourd'hui me servir de quelque manière que ce soit.

J'ai appris à restaurer des objets cassés pour leur rendre l'apparence qu'ils avaient avant, lorsqu'un artisan ou un artiste les avait façonnés. Alors pourquoi abandonner un savoir-faire que l'on met parfois des années à maîtriser ?

Ce que je fais dans ma sculpture actuelle c'est lier, voire fusionner création et restauration.Je suis partie d'un morceau de bois d'olivier duquel j'ai ôté l'écorce, que j'ai  poncé puis longuement poli sans couper aucune portion que l'on aurait pu juger inesthétique parce-que fissuré et éclaté et qui ne tient pas debout, en plus !

Soit. J'ai modelé les enfants et un prolongement du bois pour donner l'illusion du même matériau, à savoir du bois d'olivier. Dans la restauration d'objets d'art on façonne le morceau manquant, on le colle, on  enduit la jointure, on ponce localement, on teinte la partie refaite en empiétant que très faiblement sur la partie originale.

En utilisant deux techniques, deux matériaux pour une seule oeuvre, je vais enrichir celle-ci et, probablement celles à venir.